Pourquoi se préoccuper …

… des effets du rayonnement sans fil sur les oiseaux, les abeilles et les arbres ?

Malgré les nombreuses études montrant les effets nocifs des rayonnements sans fil, les insectes, les oiseaux et les autres espèces aériennes qui vivent à proximité des antennes de téléphonie mobile ne sont pas protégés car les réglementations en matière de radiofréquences ne s’appliquent pas à la faune et à la flore. 

Les arbres, les plantes et les bactéries ont également été affectés par l’exposition aux radiofréquences, mais la réglementation canadienne ne s’applique pas à eux non plus. Les radiofréquences et rayonnements électromagnétiques (RF-REM) émis par les technologies modernes ne sont pas considérés comme un risque pour l’environnement dans le cadre de la loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE) ou d’autres lois nationales, et il n’est pas prévu de le faire.1

Des effets ont également été observés à des niveaux d’exposition ambiants et de faible intensité, tels que ceux provoqués par le Wi-Fi et les tours de téléphonie mobile (stations de base). 

Le déclin dramatique des populations d’oiseaux, d’insectes et d’autres biotes à l’échelle mondiale rend cette question urgente. Selon les scientifiques spécialisés dans ce domaine, l’exposition aux rayonnements sans fil à des niveaux ambiants pourrait bien être un cofacteur, au même titre que les pesticides, la perte d’habitat et le changement climatique. 

Un nombre croissant de structures dotées de multiples antennes de réseaux cellulaires (spécifiquement conçues pour émettre des RF-REM) sont en cours d’installation au Canada, dans les zones urbaines, rurales et sauvages. Ces antennes soutiendront le fonctionnement de centaines de milliers d’autres antennes plus petites (par exemple, 4G et 5G) montées sur des structures autres que des tours (par exemple, mobilier urbain, bâtiments, lampadaires et autres poteaux électriques). Entre-temps, des dizaines de milliers de satellites de télécommunications en orbite basse, qui émettent également des RF-EMR, sont en train d’être lancés.

Consulter la présentation PPT de C4ST au député Scarpaleggia, président de la commission ENVI.


Il n’existe aucune politique ou loi visant à protéger la nature, même si les niveaux d’émission actuels des antennes-relais ont un impact sur la faune.

Nécessité d’une législation assurant la protection de la faune et de la flore au Canada

Bien qu’il existe de nombreuses preuves de la nocivité pour une grande variété d’espèces végétales, animales et autres espèces non humaines des rayonnements des antennes-relais à de faibles niveaux, il n’existe pas de lois ou de réglementations fédérales pouvant leur assurer une protection. Les lignes directrices à l’intention des humains ne protègent de rien.


Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : Considérations sur les champs électromagnétiques (rayonnement) et le biote

par Kim Fernie, Ph.D., chercheur scientifique. Environnement et changement climatique Canada. 2020

Les plantes et les animaux, ainsi que d’autres espèces non humaines, sont affectés par les niveaux de rayonnement sans fil (champs électromagnétiques non ionisants) observés à proximité des tours de téléphonie cellulaire et d’autres dispositifs et équipements émettant des rayonnements sans fil.

Levitt, B. B., Lai, H. C., & Manville, A. M. (2022). Low-level EMF effects on wildlife and plants: What research tells us about an ecosystem approach. Frontiers in Public Health, 10

Balmori, A. (2021). Electromagnetic radiation as an emerging driver factor for the decline of insects. Science of The Total Environment, 767, 144913.

Levitt, B. B., Lai, H. C., & Manville, A. M. (2021a). Effects of non-ionizing electromagnetic fields on flora and fauna, Part 1. Rising ambient EMF levels in the environment. Reviews on Environmental Health.

Levitt, B. B., Lai, H. C., & Manville, A. M. (2021b). Effects of non-ionizing electromagnetic fields on flora and fauna, Part 2 impacts: how species interact with natural and man-made EMF. Reviews on Environmental Health.

Levitt, B. B., Lai, H. C., & Manville, A. M. (2021c). Effects of non-ionizing electromagnetic fields on flora and fauna, Part 3. Exposure standards, public policy, laws, and future directions. Reviews on Environmental Health.


Les oiseaux se perdent

Engels, S., Schneider, N.-L., Lefeldt, N., Hein, C. M., Zapka, M., Michalik, A., … Mouritsen, H. (2014). Anthropogenic electromagnetic noise disrupts magnetic compass orientation in a migratory bird. Nature, 509(7500), 353–356.

Schwarze, S., Schneider, N.-L., Reichl, T., Dreyer, D., Lefeldt, N., Engels, S., … Mouritsen, H. (2016). Weak Broadband Electromagnetic Fields are More Disruptive to Magnetic Compass Orientation in a Night-Migratory Songbird (Erithacus rubecula) than Strong 
Narrow-Band Fields. Frontiers in Behavioral Neuroscience, 10, 55.


Étude écologique de terrain : Les antennes relais et les pollinisateurs


Analyse documentaire demandée par le Parlement européen

Analyse documentaire des effets de l’exposition des vertébrés, des invertébrés et des plantes aux champs électromagnétiques de radiofréquence.

L’échauffement diélectrique dû à l’exposition des tissus biologiques aux champs électromagnétiques de radiofréquence est démontré dans toutes les catégories … lequel à son tour a des effets biologiques tels qu’une réponse thermorégulatrice.

Cela implique qu’il existe toujours un niveau de densité de puissance RF-EMF qui provoque des effets biologiques, appelés effets thermiques.

Les effets de découplage causés par des températures élevées et la présence de CEM RF dans les tissus biologiques sont des questions majeures dans ce domaine d’étude.

Thielens, A. (2021).  Parlement européen, Direction générale des services de recherche parlementaire et Thielens, A., Incidences environnementales de la 5G : analyse bibliographique des effets de lexposition de vertébrés non humains, invertébrés et plantes aux champs électromagnétiques de radiofréquences, Service de recherche du Parlement européen.


Exemples d’effets biologiques des rayonnements sans fil sur le biote

Les effets biologiques sur les plantes et les animaux ont été documentés à des niveaux d’exposition aux rayonnements extrêmement faibles – certains étant inférieurs à 10 mW/m2. Les limites pour les humains commencent à environ 2 000 mW/m2. Les limites actuelles pour l’exposition humaine (Code de sécurité 6) ne sont manifestement pas suffisantes pour protéger la faune et la flore, y compris les pollinisateurs. Les niveaux couramment mesurés à proximité des antennes de téléphonie mobile et autres antennes émettrices de CEM sont souvent de 10 mW/m2 et plus.


  • Livre blanc rédigé par Prevent Cancer Now et Canadiens pour une technologie sécuritaire : Protéger les oiseaux, les abeilles et les arbres. Inclure les rayonnements électromagnétiques de radiofréquence anthropiques dans la Loi canadienne sur la protection de l’environnement  : preventcancernow.ca/wp-content/uploads/2022/06/REM-RF-dans-LCPE_Livre-blanc-par-PCN-et-C4ST.pdf
  • Environmental Health Trust Fact sheets – www.wildlifeandwireless.org/resources/#visual-resources
  • A landmark research review by U.S experts of over 1,200 studies on the effects of non ionizing radiation to wildlife entitled “Effects of non-ionizing electromagnetic fields on flora and fauna” published in Reviews on Environmental Health found adverse effects at even very low intensities including impacts to orientation and migration, reproduction, mating, nest, den building and survivorship. (Levitt et al., 2021a, Levitt et al., 2021bLevitt et al., 2021c).
  • Une étude des effets écologiques des RF-EMF publiée dans Environment International a révélé que les RF avaient un effet significatif sur les oiseaux, les insectes, les autres vertébrés, les autres organismes et les plantes dans 70 % des études examinées, le développement et la reproduction des oiseaux et des insectes étant les plus fortement touchés. (Cucurachi 2013)
  • La revue de recherche « Electromagnetic radiation as an emerging driver factor for the decline of insects » publiée dans Science of the Total Environment a trouvé des « preuves suffisantes » d’effets incluant des impacts sur le vol, la recherche de nourriture et l’alimentation, la mémoire à court terme et la mortalité. (Balmori 2021)
  • Parlement européen, Direction générale des services de recherche parlementaire et Thielens, A., Incidences environnementales de la 5G : analyse bibliographique des effets de l’exposition de vertébrés non humains, invertébrés et plantes aux champs électromagnétiques de radiofréquences, Parlement européen, 2023, data.europa.eu/doi/10.2861/45179 
  • Friesen, M. et Havas, M. (2020). Effects of Non-ionizing Electromagnetic Pollution on Invertebrates, Including Pollinators such as Honey Bees: What We Know, What We don’t Know, and What We Need to Know. In Working Landscapes. Actes de la 12e conférence sur la conservation des prairies et les espèces menacées, Danyluk (éd.). Février 2019, Winnipeg, Manitoba. (pp. 127-138). Programme des habitats fauniques essentiels, Winnipeg, Manitoba. Récupéré de prairiecesc.ca/media/45404/final-2019-pcesc-proceedings.pdf
  • Kumar, S., Singh, V. K., Nath, P. et Joshi, P. C. (2020). An overview of anthropogenic electromagnetic radiations as risk to pollinators and pollination (Une vue d’ensemble des radiations électromagnétiques anthropogéniques en tant que risque pour les pollinisateurs et la pollinisation). Journal of Applied and Natural Science, 12(4), 675-681. doi.org/10.31018/jans.v12i4.2420
  • Limites d’exposition humaine à l’énergie électromagnétique de radiofréquence dans la gamme de fréquences de 3 kHz à 300 GHz : Code de sécurité 6 [Santé Canada, 2015] www.canada.ca/fr/sante-canada/services/publications/securite-et-risque-pour-sante/limites-exposition-humaine-energie-electromagnetique-radioelectrique-gamme-3-300.html
  • Lupi, D., Palamara Mesiano, M., Adani, A., et al. (2021). Combined Effects of Pesticides and Electromagnetic-Fields on Honeybees: Multi-Stress Exposure. Insects, 12(8), 716. doi.org/10.3390/insects12080716. Extrait : « Les résultats globaux indiquent clairement que les conditions de stress multiples ont pu induire des altérations biochimiques, physiologiques et comportementales qui ont gravement menacé la survie des colonies d’abeilles. »
  • Boga, A, Emre M., Sertdemir, Y., Akillioglu K., Binokay, S., & Demirhan, O. (2015).The Effect of 900 and 1800 MHz GSM-like Radiofrequency Irradiation and Nicotine Sulfate Administration on the Embryonic Development of Xenopus Laevis. Ecotoxicology and Environmental Safety 113 : 378-90. doi.org/10.1016/j.ecoenv.2014.12.020
  • Kostoff, R.N., & Lau C.G.Y. (2013) Combined biological and health effects of electromagnetic fields and other agents in the published literature. Technological Forecasting and Social Change; 80(7):1331-49, www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0040162512003216
  • Kostoff, R. N. & Lau, C.G.Y. (2017). Modified Health Effects of Non-Ionizing Electromagnetic Radiation Combined with Other Agents Reported in the Biomedical Literature. Dans Microwave Effects on DNA and Proteins, édité par Chris D. Geddes, 97- 157. Cham : Springer International Publishing, doi.org/10.1007/978-3-319-50289-2_4

NOTES DE BAS DE PAGE

  1. L’honorable Jonathan Wilkinson, alors ministre de l’Environnement et Changement climatique du Canada, a déclaré en réponse à la pétition environnementale n° 456 de C4ST adressée au Vérificateur général du Canada que le Ministère de l’Environnement et Changement climatique :

    « … ne mène pas d’activités de recherche et de surveillance sur l’impact potentiel de l’exposition aux radiofréquences/micro-ondes sur le biote afin d’informer Santé Canada ou toute autre instance responsable de la réglementation. »

    « … ne reçoit pas de notifications ou d’invitations, et n’est pas habituellement engagé dans l’examen des impacts biologiques et écosystémiques du rayonnement radiofréquence de longueur d’onde millimétrique. »

    « … n’examine pas les implications en matière d’énergie et de ressources pour le développement durable et le changement climatique de l’utilisation de diverses technologies alternatives pour les télécommunications. »

    Lire le PDF ↩︎