S’il y a une chose que les événements récents nous ont démontré, c’est que notre santé est ce qui importe le plus, les réponses tardives aux alertes précoces de dommages potentiels sont coûteuses … et nous avons besoin d’Internet !

L’industrie des télécommunications se précipite pour déployer la 5G à travers le Canada, sans évaluation préalable de ses impacts sur la santé et l’environnement, sans bien en comprendre les conséquences économiques  et sans notre consentement éclairé.

Le déploiement complet de la 5G nécessitera l’installation de centaines de milliers[1] de nouvelles antennes à travers le pays sur des tours cellulaires, des poteaux électriques, des lampadaires, des bâtiments et d’autres structures, souvent à quelques mètres de l’endroit où nous vivons et travaillons.

Les Canadiens ignorent en grande partie les risques d’exposition chronique aux rayonnements radiofréquences (RF) émis par les tours de téléphonie cellulaire, les antennes microcellulaires, les téléphones cellulaires[2] et sans fil, et les appareils Wi-Fi et Bluetooth tels que tablettes tactiles, ordinateurs portables, moniteurs pour bébé, imprimantes, claviers et souris sans fil, consoles de jeu, casques de réalité virtuelle, technologies portables, téléviseurs et appareils ménagers intelligents, et compteurs communicants.

Il a été scientifiquement démontré que les rayonnements RF causent ou contribuent à de nombreux effets sur la santé, notamment les cancers, les dommages aux spermatozoïdes, les troubles de la reproduction, les déficits d’apprentissage et de mémoire, les maladies neurodégénératives, ainsi que les dommages cellulaires et génétiques.

Nous comptons sur le gouvernement pour assurer notre sécurité. À ce jour, Santé Canada et d’autres ministères n’ont pas fait en sorte de nous protéger.

Nous exhortons les Canadiens à demander au gouvernement du Canada de « regarder avant de sauter », de suspendre immédiatement tout nouveau déploiement de la 5G et de faire pression pour obtenir une alternative sans danger, plus rentable et plus sûre — à savoir des connexions par fibre optique et filaires jusqu’à chaque maison et chaque entreprise.

Cet appel a été élaboré conjointement par les organisations canadiennes suivantes :

CONSIDÉRANT QUE :

  1. Tous les Canadiens ont besoin d’un accès Internet sûr, rapide, fiable, économe en énergie, sécuritaire et abordable.
  1. La connectivité filaire, et en particulier les câbles de fibre optique, sont les meilleurs moyens de répondre à ce besoin. Ils n’émettent pas de rayonnements radiofréquences (RF) nocifs, ils sont au moins 100 fois plus rapides,[3]  beaucoup plus fiables, sécuritaires et résistants,[4] et protègent bien mieux la vie privée[5],[6] que les connexions sans fil;[7]
  2. Les technologies sans fil émettent des rayonnements RF nocifs et ont une empreinte carbone beaucoup plus importante que les technologies filaires, nécessitent des minéraux rares,[8] et, selon l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (IEEE), « consomment au moins 10 fois plus d’énergie que les technologies filaires »;[9]
  3. Le fardeau économique des technologies sans fil n’a jamais été évalué.[10] Bien que l’on ait beaucoup parlé de leurs avantages, leurs coûts réels – l’augmentation des coûts des soins de santé,[11] la perte de productivité liés aux effets néfastes sur la santé de l’exposition aux rayonnements RF, les coûts engendrés par les atteintes à la sécurité[12] et à la vie privée,[13] les dommages environnementaux,[14],[15] ainsi que les impacts prévisibles pour la sécurité et les biens consécutifs à la dégradation de la précision des prévisions météorologiques[16] – n’ont jamais été évalués afin de déterminer s’ils coûtent plus chers que ce qu’ils rapportent.[17]
  1. Les Canadiens s’attendent à ce que leur gouvernement protège leur santé et l’environnement.
  1. Aucun test n’a été fait pour garantir que la technologie 5G est sans danger pour l’humain et l’environnement;[18],[19]
  2. Le Code de sécurité 6 de Santé Canada,[20] portant sur les limites de sécurité relativement à l’exposition humaine aux rayonnements RF, ne protège pas la santé des Canadiens,[21],[22],[23],[24] ni ne traite de la sécurité environnementale. Nos lignes directrices sont nettement moins protectrices que celles de nombreux autres pays.[25] Le processus de mise à jour du Code de sécurité 6 (en 2015) de Santé Canada comportait de graves lacunes,[26],[27] et ses limites d’exposition sont basées sur la prémisse obsolète selon laquelle le rayonnement RF ne cause des dommages qu’aux niveaux d’exposition produisant une chaleur excessive.[28],[29],[30] Des centaines d’articles scientifiques publiés et révisés par des pairs décrivent les effets biologiques et les torts causés par une exposition bien en deçà des limites canadiennes, chez les humains, les plantes, les animaux de laboratoire et la faune comme les oiseaux et les pollinisateurs;[31],[32],[33],[34]
  3. Les émetteurs sans fil émettent des rayonnements RF dont il a été scientifiquement démontré qu’ils causent ou contribuent à de nombreux effets sur la santé, notamment les cancers,[35],[36] les dommages aux spermatozoïdes,[37] les troubles de la reproduction,[38] les déficits d’apprentissage et de mémoire,[39] les maladies neurodégénératives, ainsi que les dommages cellulaires et génétiques.[40],[41],[42] Un nombre croissant de Canadiens éprouvent également des problèmes de santé immédiats et débilitants pouvant être évités comme des maux de tête, de l’arythmie cardiaque, des difficultés cognitives et de l’insomnie, entraînant une mauvaise qualité de vie.[43] Tous les Canadiens sont susceptibles de développer de tels problèmes de santé, à moins que leur exposition toujours croissante aux rayonnements RF ne soit réduite;
  4. Des scientifiques signalent que les oiseaux,[44],[45] les pollinisateurs,[46] les arbres[47] et d’autres espèces,[48],[49] subissent des impacts environnementaux. Cependant, il n’y a pas de directives environnementales pour les rayonnements RF;[50]
  5. La valeur par défaut au Canada est que la plupart, sinon tous nos appareils sans fil et antennes soient ‘toujours allumés’, c’est-à-dire qu’ils émettent constamment;
  6. En 2015, le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes (HESA) a publié un rapport intitulé Le rayonnement électromagnétique de radiofréquences et la santé des Canadiens.[51] Ses 12 recommandations (voir p. 9 de cet Appel) portaient sur plusieurs des problèmes mentionnés ci-dessus et comprenaient une campagne nationale de sensibilisation sur les effets nocifs des technologies sans fil et sur la manière de réduire les risques. Le rapport a reçu l’appui de tous les partis et a été déposé par les gouvernements majoritaires conservateur (2015) et libéral (2016). En 2010, un rapport similaire a été publié.[52] Aucune de ces recommandations n’a été mise en œuvre.[53],[54]
  1. Les Canadiens s’attendent à un processus transparent de consultation publique pour choisir l’infrastructure de télécommunications et y ont droit.
  1. Il n’y a aucune exigence de consultation des Canadiens[55] lorsque des antennes cellulaires sont ajoutées à des structures existantes (tours, bâtiments, lampadaires ou poteaux électriques à proximité de nos maisons). En fait, les municipalités n’ont même pas besoin d’en être informées (sauf si la municipalité est propriétaire de la structure). Quant aux nouvelles tours, le public et la municipalité doivent être consultés. Toutefois, la consultation publique est effectuée par les entreprises de télécommunications et est inadéquate. En ce qui concerne la santé et les émissions de radiofréquences, ces dernières déclarent se conformer au Code de sécurité 6. Si une municipalité s’oppose à l’installation d’une tour, le gouvernement fédéral peut légalement passer outre à ce refus.[56]
    De plus, le rapport du Groupe d’examen du cadre législatif en matière de radiodiffusion et de télécommunications paru en 2020 recommande de donner au gouvernement fédéral un contrôle encore plus grand sur l’emplacement des antennes au Canada;[57]

NOUS, CITOYENS ET RÉSIDENTS DU CANADA,
DEMANDONS D’URGENCE AU GOUVERNEMENT DU CANADA DE:

  1. Veiller à ce que tous les Canadiens aient un accès à Internet sûr, rapide, fiable, résilient, sécurisé, abordable et le plus sain, à long terme, sur le plan environnemental, ainsi que le plus solide sur le plan économique pour le Canada :
  1. Exiger que tous les fournisseurs de télécommunications fournissent la fibre optique jusqu’à l’intérieur des  locaux des différents clients (FTTH) et qu’ils ne remplacent pas les services téléphoniques et Internet filaires existants par des services sans fil;
  2. Investir dans les technologies filaires, au lieu des options sans fil et par satellite, dans l’expansion de l’Internet haute vitesse dans les collectivités mal desservies par le secteur privé au Canada;
  3. Compléter une analyse économique, d’ici la fin de 2021, des revenus supplémentaires de la 5G par rapport à la charge économique potentielle totale. Cela comprendrait, sans s’y limiter : l’augmentation des coûts des soins de santé; la perte de productivité due à des effets néfastes sur la santé; les atteintes à la sécurité et à la vie privée; les dommages à l’environnement; et les risques pour la sécurité et les biens, y compris ceux consécutifs à la dégradation de la précision des prévisions météorologiques;
  4. Suspendre immédiatement l’installation de nouvelles antennes, en particulier des antennes microcellulaires près des maisons, des hôpitaux, des écoles, des bâtiments publics et des habitats fauniques sensibles, jusqu’à ce que les directives de sécurité aient été convenablement révisées et mises en œuvre, et jusqu’à ce que toutes les implications économiques soient comprises;
  5. Suspendre immédiatement la mise aux enchères de toutes les licences de spectre, jusqu’à ce que les directives de sécurité aient été convenablement révisées et mises en œuvre, et jusqu’à ce que toutes les implications économiques soient comprises;
  1. Protéger la santé et l’environnement des Canadiens avant de déployer davantage d’infrastructure sans fil, y compris celle de la 5G:
  1. Mettre en œuvre les 12 recommandations (énumérées à la page 9 de cet Appel) du rapport 2015 du Comité permanent de la santé de la Chambre des communes (HESA), Le rayonnement électromagnétique de radiofréquences et la santé des Canadiens;
  2. Réviser le Code de sécurité 6 de Santé Canada. Un comité véritablement indépendant possédant l’expertise appropriée doit systématiquement examiner les preuves scientifiques des effets des rayonnements RF. Cela nécessite des méthodes scientifiques rigoureuses, de la transparence, une consultation publique complète dès l’étape initiale de détermination du projet et tout au long du processus, ainsi qu’une interprétation prudente des résultats en matière de santé;
  3. Établir des directives contraignantes pour protéger la faune et l’environnement des rayonnements RF en utilisant un processus similaire;
  4. En se fondant sur la réglementation des produits chimiques, transférer le fardeau de la preuve aux industries des télécommunications et des technologies sans fil, et exiger qu’elles prouvent que leurs produits ne sont pas nocifs pour les Canadiens ou l’environnement;
  5. Veiller à ce que l’exposition intérieure et extérieure des Canadiens aux rayonnements RF des technologies sans fil soit aussi faible que possible (principe ALARA – “as low as reasonably achievable” ou « aussi bas que raisonnablement possible ») grâce à une réglementation, une surveillance et une mise en application appropriées, ainsi qu’une éducation publique continue et une gestion technique des appareils. L’un des nombreux exemples serait d’exiger que tous les appareils sans fil et les antennes ne transmettent pas (c’est-à-dire, n’émettent pas de rayonnements) lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
  1. Prévoir un processus significatif et transparent à l’intention des municipalités et de leurs citoyens afin qu’ils aient une voix décisive concernant l’installation des antennes des réseaux cellulaires.
  1. Prévoir un processus significatif et transparent à l’intention des municipalités et de leurs citoyens afin qu’ils aient une voix décisive quant à savoir si et où les antennes des réseaux cellulaires seront installées, soit sur de grandes tours ou des structures autres que des tours (par exemple, des lampadaires, poteaux électriques et bâtiments). Une consultation publique participative éclairée et un processus décisionnel local sur l’emplacement actuel et futur des antennes remplaceraient les vastes pouvoirs actuellement accordés au ministre d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE).

Notes de fin de texte

Ressources Et Information

Frank Clegg, président de C4ST

5G Winnipeg Awareness
Margaret Friesen

Autres Façons D'appuyer L'appel

Devenez un organisme de soutien de l’Appel

Organisations canadiennes soutenant cet Appel lors de son lancement (14 mai 2020):

  • 5G Winnipeg Awareness [MB]
  • Albertans for Safe Technology [AB]
  • CALM – Call to Action to Limit Microcells [Canada-wide]
  • Campagne Stoppons la 5G – Vivons sans danG / Let’s Stop 5G – Let’s Live Safely campaign [QC]
  • Canadiens pour une technologie sécuritaire / Canadians for Safe Technology (C4ST)
  • Canadians for Safe Technology (C4ST)
  • Youth Riding Reps [ON]
  • Citoyens contre la prolifération des antennes de téléphonie mobile dans les Cantons de l’Est [QC]
  • Coalition to Reduce Electropollution (CORE) [BC]
  • Coalition to Stop Smart Meters [BC]
  • Electrosensitive Society [Canada-wide]
  • Environmental Health Association of Manitoba [MB]
  • EPIC – Electromagnetic Pollution Illnesses Canada Foundation
  • Kingstonians for Safe Technology [ON]
  • Let’s Connect Salt Spring [BC]
  • Parents for Safe Schools [BC]
  • Prevent Cancer Now (PCN) [Canada-wide]
  • Rassemblement ÉlectroSensibilité Québec (RESQ) [QC]
  • Stop 5G Magog-Sherbrooke [QC]
  • Stop 5G Montréal [QC]
  • Stop 5G Rimouski [QC]
  • Stop 5G Sutton [QC]
  • Stop 5G Val-David [QC]
  • Transition Wolfville Area [NS]
  • WEEP – The Canadian Initiative to Stop Wireless Electrical and Electromagnetic Pollution

LES 12 RECOMMANDATIONS* du rapport 2015 du Comité permanent de la santé de la Chambre des communes (HESA) « Le rayonnement électromagnétique de radiofréquences et la santé des Canadiens » [https://www.ourcommons.ca/Content/Committee/412/HESA/Reports/RP8041315/hesarp13/hesarp13-f.pdf]

LISTE DE RECOMMANDATIONS

Recommandation 1:
Que le gouvernement du Canada, en collaboration avec les ministères de la Santé des provinces et des territoires, examinent les méthodes actuelles de collecte de données sur les cancers afin d’améliorer la collecte de renseignements sur l’utilisation des appareils sans fil et le cancer.

Recommandation 2:
Que Statistique Canada envisage d’ajouter à l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes des questions sur l’hypersensibilité électromagnétique.

Recommandation 3:
Que le gouvernement du Canada, par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada, envisage de financer la recherche sur les tests, le diagnostic et le traitement de l’hypersensibilité électromagnétique, et sur son impact possible sur la santé au travail.

Recommandation 4:
Que l’Association médicale canadienne, le Collège royal des médecins et chirurgiens, le Collège des médecins de famille du Canada et l’Organisation mondiale de la santé envisagent de mettre à jour leurs lignes directrices et leur matériel de formation continue sur le diagnostic et le traitement de l’hypersensibilité électromagnétique, afin que ces documents tiennent comptent des données scientifiques les plus récentes et reflètent les symptômes des Canadiens.

Recommandation 5:
Que le gouvernement du Canada continue de prendre des accommodements raisonnables en cas de manifestations d’intolérance au milieu, comme l’hypersensibilité électromagnétique, conformément à ce qu’exige la Loi canadienne sur les droits de la personne.

Recommandation 6:
Que Santé Canada s’assure de l’ouverture et de la transparence de ses processus d’examen du Code de sécurité 6, afin que tous les Canadiens aient la possibilité d’être informés sur les éléments de preuve retenus ou non lors de ces examens, que les experts externes aient accès à l’information entière aux fins de leurs examens indépendants, et que la justification scientifique des éventuels changements soit clairement communiquée.

Recommandation 7:
Que le gouvernement du Canada établisse un système permettant aux Canadiens de signaler les effets indésirables potentiels des champs de radiofréquences.

Recommandation 8:
Qu’un organe scientifique indépendant reconnu par Santé Canada détermine s’il faut adopter au Canada les mesures et les lignes directrices décidées dans d’autres pays, comme la France et Israël, pour limiter l’exposition aux radiofréquences des groupes vulnérables, dont les bébés et les jeunes enfants en milieu scolaire.

Recommandation 9:
Que le gouvernement du Canada élabore une campagne de sensibilisation à l’utilisation sûre des technologies sans fil, comme les téléphones cellulaires et le Wi-Fi, dans des environnements clés comme l’école et la maison, afin que les enfants et les familles canadiennes réduisent les risques potentiels de l’exposition aux radiofréquences.

Recommandation 10:
Que Santé Canada réalise un examen complet de toutes les études existantes sur les champs de radiofréquences et la cancérogénicité, conformément aux pratiques exemplaires internationales.

Recommandation 11:
Que le gouvernement du Canada, par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada, envisage de financer les recherches sur le lien entre les champs de radiofréquences et les effets potentiels sur la santé comme le cancer, les dommages génétiques, l’infertilité, les anomalies de développement et de comportement, les effets nocifs sur les yeux et le cerveau, et les effets cardiovasculaires, biologiques et biochimiques.

Recommandation 12:
Que le gouvernement du Canada et les fabricants envisagent l’adoption de politiques sur la commercialisation des appareils émetteurs de radiations auprès des enfants de moins de 14 ans, de manière à ce que ceux-ci connaissent les risques pour la santé et sachent comment les éviter.

* En 2015, le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes (HESA) a tenu des audiences lors desquelles des experts canadiens et internationaux ont été invités à soumettre des témoignages et des mémoires. Dans son rapport, le comité a fait ces importantes recommandations auxquelles aucune suite n'a encore été donnée.

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